« Il n’y a rien de plus beau qu’une clef, tant qu’on ne sait pas ce qu’elle ouvre ».
Maurice Maeterlinck
 

 

Les tableaux sont des énigmes. Les regarder, les décrypter permet d’en connaître un peu plus, sur celui qui les regarde et un peu plus sur ce qu’il faut voir ! A première vue ici, ce sont des nuées figées dans l’instant. Le regard se brouille tant les signes sont nombreux chez Mylène Kolé, peintre.
Pour éviter le vertige, il faut donner une mesure pour se rassurer. Des centaines de papillons, des colibris et des fleurs hantent ses tableaux et leur donnent une dimension hors de notre portée. C’est une première approche. Ensuite un vif éclat de lumière, une coruscation comme un aveuglement. Une luminance et un éblouissement, ces états qui impriment notre œil et notre pensée juste avant de s’évanouir.
On pense à St François d’assise parlant aux oiseaux, à Giotto, pour se rassurer et contrôler ce trouble. Silence.
Pas de bruissement d’ailes dans ce fourmillement. Ailes, qu’elles soient du colibri ou du papillon, « transfuge » d’une larve, colibri dont la stabilité du vol est plus proche de l’insecte que de l’oiseau.
Les acteurs des tableaux de Mylène Kolé sont uniques et bien choisis. On les perçoit du dessus et de profil, reconnaissables à peu de signe. Ils surplombent des centaines de fleurs colorées et stylisées dans leurs collets, cette partie de la plante entre tige et racines. La croissance est longue semble t-il et l’artiste s’installe et se construit dans le tableau.
Si en préambule je parlais du spectateur et du sens du tableau il faut à présent présenter le peintre, l’auteur de ces rencontres, de ces aventures.
Le peintre Mylène Kolé que la discrétion protège, dont les œuvres si denses sont là pour chercher une certaine clairvoyance du monde, et ses tableaux en sont les guides.

 

Gildas Le Reste